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Le gouvernement appelle à un engagement pour le respect des veuves

Dans une déclaration rendue publique à l’occasion de la Journée Internationale de la veuve, qui est célébrée le 23 juin de chaque année, le gouvernement congolais a appelé les Congolais à s’engager pour le respect des veuves et à leur redonner la dignité.

La déclaration a été lue par la ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité, Emilienne Raoul. Elle rappelle que la Journée Internationale de la veuve a été instituée en 2010 par l'Assemblée Générale des Nations Unies, afin de donner une reconnaissance particulière à la situation des femmes après la disparition de leur conjoint. De ce fait, cette journée constitue une occasion d’agir en faveur de la réalisation des droits des veuves.

En République du Congo, la journée est célébrée cette année sous le thème : «Les rites de veuvage : redonner la dignité aux femmes». La déclaration indique que dans le monde en général et en Afrique particulièrement, la femme est soumise à de multiples rites déshumanisants, imposés par le cercle familial et le clan. S’il est certes nécessaire de faire le deuil de l’être cher disparu, il est aussi nécessaire de respecter l’intégrité physique et psychique de la femme qui est un être humain, souligne la déclaration

Parlant du Congo, Mme Raoul a dit que «fortement ancrés dans notre pays, les rites de veuvage sont nombreux et variés selon les espaces géographiques et sociologiques. Ils consistent en des privations parfois des maltraitances qui visent à rappeler à la femme que rien ne sera plus comme avant. Ils ont cette particularité d’être dégradants, humiliants et de bafouer un droit humain fondamental, celui de la dignité». Elle a rappelé qu’il existe un arsenal juridique de protection de la femme : la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (au niveau international) ; le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Femmes (au niveau de l’UA). Au niveau national il y a le Code de la Famille Congolais, notamment dans ses articles 800, 801, 802 qui définissent le caractère volontaire des rites de deuil, l’interdiction de certains rites et le refus de s’y prêter. Au Congo, la loi interdit donc les sévices ou mauvais traitements infligés aux femmes, à l’occasion des cérémonies de deuil.

Mme Raoul a indiqué que la dignité c’est le respect qu’on a de soi-même. Elle se caractérise par une attitude de fierté, qui traduit le sentiment qu’on a de sa propre valeur. Et de se demander : «Vous, mon frère, vous ma sœur, lorsque vous vous livrez à de tels agissements contre la veuve, vous considérez-vous comme un homme, une femme digne aux yeux de la société?»

«La dignité c’est la considération que l’on a envers l’autre et qui nous amène à un respect mutuel qui est l’un des fondements de la paix. La paix dans nos familles, la paix dans nos villages et quartiers, la paix qui va permettre à la veuve et à ses enfants de vivre en harmonie avec la famille après la disparition de l’époux, du père. Et c’est dans ce contexte que doit être reconnu la dignité de la veuve dans notre pays», ajoute la déclaration, avant de conclure par un appel à prise d’engagement afin de mettre fin à toute discrimination à l’égard des veuves de notre pays et de leur redonner la dignité.

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